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Sameh Zoabi : Communication 101

Sameh Zoabi : Communication 101

© Patricia Peribañez

Le réalisateur Sameh Zoabi, né en 1975, vient d’agrandir sa filmographie avec un troisième film en salle en ce moment, Tel Aviv on fire.  Après avoir obtenu un diplôme en cinéma et en littérature anglaise à Tel Aviv en 1998, il décroche une bourse pour un Master en réalisation à l’école d’art de Columbia, à New York, dont il ressort diplômé en 2005. Après un court-métrage, Be quiet primé dans de nombreux festivals, Sameh Zoabi se lance dans son premier long-métrage, Téléphone arabe (2011) filmé dans son village natal, Iksal, et dans lequel il s’inspire de sa jeunesse pour raconter une histoire de tensions autour d’une antenne téléphone. Après avoir obtenus plusieurs récompenses avec son premier film, il s’essaie au faux documentaire avec Under the same sun (2013), où il imagine, dans un futur proche, une association entre un palestinien et un israélien pour apporter de l’électricité en Palestine via l’énergie solaire. Le film est lui aussi récompensé par de nombreux prix, dont le prix pour excellence à l’ International Film Festival for Peace, Inspiration, and Equality. Avec Tel Aviv on fire, Sameh Zoabi continue de développer sa filmographie sur un terrain qu’il connait bien : les relations entre la Palestine et Israël. Le réalisateur s’attache à capter la réalité de son quotidien, sans toutefois perdre son humour. En effet, le sujet de ses films pourrait appeler à un ton bien plus dramatique que celui qu’il privilégie. Pour lui, « utiliser la comédie pour traiter de sujets sérieux est plus efficace »puisque cela permet « d’atteindre une forme d’universalité ». Bien que ses films soient politisés et socialement engagés, on peut en effet y déceler un thème universel : Sameh Zoabi souhaite établir une communication efficace. Cette communication entre les deux peuples pour un meilleur futur apparait rêvée par le réalisateur, mais semble pouvoir s’adapter à d’autres situations. Alors comment, dans ses trois films, Sameh Zoabi réussit-il à créer une communication claire ?

Une communication brouillée

Tout d’abord, pour comprendre la nécessité pour le réalisateur de créer une nouvelle communication, il faut en trouver le problème d’origine, à savoir le manque de communication. Bien sûr, on pense immédiatement aux tensions entre la Palestine et Israël, mais Sameh Zoabi s’intéresse plus largement aux tensions dans une communauté où le temps a creusé des séparations profondes. Dans son premier film, Le téléphone arabe, le personnage principal, Jawdat, présente à l’ouverture, en voix off, son village et sa position particulière faisant de  lui un « arabe israélien ». Cependant, la première tension visible à l’écran est celle qui existe entre son père et lui. Le réalisateur souhaitait parler du « fossé intergénérationnel » entre l’ancienne génération de palestiniens et les plus jeunes. La source de cette opposition apparait physiquement dans le film sous la forme d’une antenne qui permet d’assurer un meilleur réseau téléphonique, ce qui enchante les jeunes.

Mais cette même antenne inquiète aussi l’ancienne génération qui craint des radiations et des risques de cancer. L’antenne étant installée en face du champ d’oliviers du père de Jawdat, Salem, celui-ci apparait comme le chef de l’opposition à l’antenne.Au tout début du film, Salem installe l’irrigation pour ses plantes et se tourne vers la caméra, regardant droit dans les yeux le spectateur, pour demander de l’aide. On passe alors à un plan cadré à l’identique sur Jawdat. Salem n’interrogeait en fait pas directement le spectateur, mais son fils, qui s’intéresse peu à son travail. Ce champ contre-champ extrême illustre la séparation des personnages en les plaçant l’un en face de l’autre, sans que l’un ne puisse entrer dans le cadre de l’autre. Bien que les tensions apparaissent sous la représentation de l’antenne et de ce qu’elle raconte des pertes palestiniennes, le film est centré par le manque de communication entre le père et le fils. Il s’agira alors de chercher à les réunir dans un seul cadre, ce qui dévoile les intentions de Sameh Zoabi qui considère qu’il « n’est pas possible de mûrir et traverser les frontières si l’on n’a pas au préalable compris son identité et ses racines ». Cette impossibilité de communiquer qu’éprouve Jawdat le place en effet dans une sorte de cul de sac émotionnel et professionnel. Il ne parvient pas à être honnête avec ses conquêtes et ne peut donc développer une relation amoureuse. Il rate son entrée à l’université en raison de ses notes en hébreux, ce qui atteste de son problème à communiquer. Pour rejoindre l’université et ainsi conquérir Rana, Jawdat donc apprendre à parler, non seulement l’hébreux mais, plus largement, avec sa communauté.

© Patricia Peribañez

Ces tensions dans la communication se retrouve dans son troisième et dernier film en date, Tel Aviv on fire. Le film mêlant le tournage d’un soap-opera homonyme, on retrouve le travail des mots à travers l’écriture des scénarios. Bien que Salam ne soit qu’un stagiaire au début du film, sans talent particulier pour l’écriture, il s’intéresse aux « bons » mots à utiliser. En effet, il est utilisé, au tournage, comme conseiller pour les répliques en hébreux. Il fait ses premiers pas vers l’écriture en aidant l’actrice principale du soap-opera, Tala, à bien prononcer ses répliques. Puis, il intervient, sans que l’on ne l’y invite, pour proposer un changement d’expression dans le texte, puisque le mot choisi ne lui semble pas satisfaire à la situation. Ici, il est intéressant de noter les difficultés de Tala à parler les langues du soap-opera. S’agissant d’une actrice française, elle préfère communiquer en anglais en dehors du plateau, plutôt qu’en arabe ou en hébreux. L’équipe de tournage étant palestinienne, tous communiquent en arabe, bien que la plupart doivent comprendre l’hébreux. On assiste donc déjà à des difficultés de communication en raison des langues parlées respectives. De plus, on assiste à une opposition entre le langage que l’on pourrait appeler « cinématographique » et celui du quotidien. En effet, si Salam se permet d’intervenir c’est parce qu’il trouve l’utilisation du mot « bombe », pour décrire la beauté de Tala, déplacé dans la conversation. Cela a du sens puisque cela ne semble pas constituer le compliment idéal, et tout le monde acquiesce à ses propos, sauf la scénariste. Pour elle, l’utilisation a du sens puisqu’elle a une double signification : un compliment et un indice sur le futur des personnages – puisque Tala souhaite tuer le soldat avec une bombe. Bien que l’écriture du scénario du soap-opera apparaisse comme maladroite, ceci aussi a du sens d’un point de vue artistique. Cependant l’opposition entre la scénariste et Salam témoigne d’une difficulté à retranscrire un dialogue réel, à savoir écrire, communiquer. Il s’agira alors pour Salam de réussir à écrire le scénario du soap-opera, et en faisant cela, à trouver sa propre voie.

En effet, apprendre à communiquer, ou à comprendre le langage des autres permet à Salam de trouver sa vocation. Dans ses trois films, Sameh Zoabi travaille sur des personnages en difficulté dans leur travail et leur vie amoureuse. Jawdat dans Le téléphone arabe travaille avec son meilleur ami sur des chantiers, puis est contraint de rejoindre son père car il ne parvient pas à entrer à l’université, mais pense plutôt à s’amuser et à rencontrer des filles – ce qui ne marche pas du tout pour lui. Nizar, dans Under the same sun, ne parvient à rencontrer une fille qu’à l’aide d’un rendez-vous arrangé par sa mère, et n’a pas assez d’investisseurs pour son projet d’électricité par énergie solaire, ce qui le pousse à travailler avec Shaul malgré les conditions politiques présentées dans le film. Et dans Tel aviv on fire, Salam tente de reconquérir une ancienne petite amie, et se retrouve dans une histoire tendue avec un soldat israélien qui contrôle son travail et ses passages aux check-points. Et pour parvenir à arranger ces situations, les personnages doivent, de manières différentes, apprendre à communiquer. 

Trouver sa voix/voie

Nous avons abordé précédemment la scène d’opposition du père et du fils dans Le téléphone arabe, et cette scène trouve une résolution. En effet, au fil du film, Jawadt comprend les sentiments de son père, et plus largement l’ancienne génération, et mène l’opposition contre l’antenne. Alors que le combat semblait gagné, on comprend qu’il s’agissait d’un mensonge et que l’antenne restera bien en place, avec des gardes pour la protéger de toute attaque. Ainsi Jawadt et son père installent ensemble l’irrigation pour les oliviers. Cette fois, son père n’a pas besoin de lui demander de l’aide : ils travaillent ensemble. Puisque les deux personnages ont réussi à communiquer entretemps, leur relation s’est améliorée. Avec le système d’arrosage, ils réussissent à faire fuir les gardes en les arrosant, et les observent depuis le camion du père en riant. Cette scène de complicité entre les deux est filmée depuis la caméra de surveillance installée près de l’antenne. Par son cadre large, elle permet l’unification des deux personnages en les plaçant dans un cadre unique. Cela est accentué par le surcadrage de la voiture qui crée une sorte de bulle d’intimité autour d’eux. De plus, le choix de filmer ce plan avec la caméra de surveillance témoigne de la provenance réelle des tensions du film. La caméra ne surveille pas les gardes qui prennent peur, mais bien la réconciliation définitive entre le père et le fils. Il ne s’agit donc pas de surveiller l’antenne, qui était présentée comme la source principale des problèmes des personnages. Au final, l’antenne reste en place, mais les personnages ont appris à communiquer, et pas uniquement par téléphone. Cela permet d’arranger la relation père-fils, mais aussi de prouver l’évolution de Jawadt. A la fin du film, on imagine qu’il repassera bientôt l’examen d’hébreux, et même sans l’avoir vu réviser, on se doute qu’il le réussira, puisqu’il a appris à communiquer durant le film.

© Patricia Peribañez

Dans Tel aviv on fire, Salam ne sait pas y faire avec les mots. La raison pour laquelle il rencontre le soldat vient de sa maladresse dans sa conversation avec une soldate israélienne. De plus, il s’engouffre de plus en plus dans des problèmes à cause de ses mensonges. Mais il montre tout de même un désir d’évolution et de changement, puisqu’il mène des recherches pour apprendre à écrire des scénarios sans l’aide du soldat. Ce dernier réussissait à écrire de bons scénarios, car il s’inspirait de sa vie personnelle et trouvait des mots qui réalistes en imaginant des personnages s’exprimant comme ses proches. Salam apprend petit à petit à faire de même, et par l’écriture de scénarios, un travail de communication particulier, il trouve sa propre voix/voie. On peut le voir notamment à travers sa relation avec son ancienne petite amie. On apprend au début du film que Salam l’a quittée avec une remarque on ne peut plus blessante, sur le fait qu’il se sentait comme s’il « pêchait dans la mer morte » avec elle. Leur relation s’est donc terminée sur un problème de communication de la part de Salam. Plus tard dans le film, devenu un scénariste efficace, Salam réécrit ses paroles et réussit à reconquérir sa petite amie. Ainsi, par son apprentissage de l’écriture, il apprend à communiquer avec brio avec sa petite amie, et réussit à avancer dans leur relation. De plus, l’écriture du scénario lui permet de retranscrire ses sentiments par rapport à sa situation politique, puisque ses mensonges l’empêchent de s’exprimer dans son quotidien. Ses dialogues inventés lui permettent de mettre des mots sur ses émotions, ses envies, ses peurs, et de se découvrir réellement. Cette découverte personnelle qui lui permet de s’ouvrir, à la fin du film, dans une discussion avec le soldat sur son passé qui le hante toujours – avec son dégoût du houmous – peut être mise en parallèle avec sa compréhension du passé de la Palestine. En effet, le soap-opera retranscrit ce passé, que Sameh Zoabi considère que la nouvelle génération risque d’oublier.

Tout comme dans Le téléphone arabe, le réalisateur cherche à recréer un lien entre l’ancienne et la nouvelle génération de palestiniens, pour que cette dernière  comprenne les sentiments des anciens. Il s’agit donc de partager une histoire. La communication a aussi pour définition l’action de transmettre. Par la communication entre ces deux générations, Sameh Zoabi réussit à transmettre une histoire à ses personnages, mais aussi à ses spectateurs.  L’idée de transmettre, de partager, se retrouve de façon prédominante dans Under the same sun. Le titre, qui sera le nom de l’entreprise créée par les deux personnages principaux, donne déjà un aperçu de ce partage. Bien que le soleil n’appartienne à personne, l’entreprise de Nazir ne pourrait fonctionner sans l’aide de Shaul. Leur réussite fonctionne à deux, en partageant leur expérience et leur connaissance. Lors d’une de leurs rencontres, Shaul demande à Nazir s’il est bien installé depuis son retour chez lui. Nazir plaisante en lui disant que sa mère lui a déjà présenté une fille à épouser, ce qui amuse Shaul qui aurait vécu la même expérience. Il s’agit d’un très court instant dans la scène, mais il prouve un partage entre les deux hommes, des expériences identiques, qui leur permet de se rapprocher. Puisqu’après tout ils vivent sur la même Terre, sous le même soleil, ils peuvent travailler ensemble.

© Patricia Peribañez

Pourtant, leur relation n’est pas aussi simple puisque, dans le film, la Palestine boycotte Israël, ce qui devrait les empêcher de travailler ensemble. Lorsque la presse apprend cette association, il reçoit des attaques verbales sur les réseaux sociaux, ainsi que des attaques physiques, avec sa voiture dévalisée. Leur entreprise semble alors sans avenir, jusqu’à ce que Shaul se rende directement chez Nazir – ce qu’il essayait d’éviter au début du film en tentant d’obtenir un permis pour Nazir. En faisant preuve d’un désir de communication entre eux, les personnages réussissent à trouver une solution. Ainsi, Nazir et Shaul réussissent à créer une voie unique, que personne ne pouvait imaginer, grâce à une communication efficace entre eux. Et c’est ce que Sameh Zoabi semble espérer de tous ses personnages : en comprenant leur passé, ils se découvrent et débloquent une aisance pour la communication, qui leur ouvre un futur meilleur. Le cinéaste réussit finalement toujours à leur trouver une place unique. Dans Tel Aviv on fire, cet espoir se mélange avec les inquiétudes d’un artiste faisant face à une actualité politique qui pèse sur son œuvre, mais Salam réussit cependant à créer, à communiquer ses sentiments. Il semblerait que Sameh Zoabi fasse exactement de même.

Je suis attiré par les personnages qui tentent d’évoluer et de s’améliorer mais ne savent pas comment y parvenir.

Sameh Zoabi

Apprendre à s’écouter

Dans Le téléphone arabe, au milieu du film, l’antenne est brûlée, ce qui brouille le réseau téléphonique des habitants du village. Leur téléphone sonne, mais impossible d’entendre leurs interlocuteurs. Lorsque Jawadt se retrouve abandonné en pleine campagne sans moyen de retourner chez lui, il tente d’appeler son meilleur ami, sans que celui-ci ne puisse l’entendre. Ce sera finalement son père qui viendra le chercher, sans que l’on sache comment il a réussi à le contacter. Alors que Jawadt a passé la majorité du début du film sur son téléphone, à en délaisser son père, obsédé par la destruction de l’antenne, il se retrouve coupé de son moyen de communication habituel et forcé à une nouvelle forme de communication. Avant, au téléphone, Jawadt mentait – à ses conquêtes. En parlant avec son père, de vive voix, il apprend autre chose, ce qui lui permet d’évoluer. Cette scène apparait donc un premier changement pour le personnage de Jawadt. Il s’ouvrira ensuite encore plus à la cause de son père après avoir écouté ce que celui-ci avait à dire. Il fallait arrêter les conversations téléphoniques pour laisser un autre type de communication s’épanouir. Bien qu’au final, l’antenne reste à sa place, et que Jawadt continue d’utiliser son téléphone, il a entre-temps appris de ses erreurs. L’antenne n’apparait plus comme le problème, il s’agit plutôt de ce qu’elle représente. A la fin du film, le père de Jawdat dit « On a perdu une bataille, pas la guerre », ce que Sameh Zoabi interprète comme « La guerre pour que votre voix soit entendue alors que d’autres oeuvrent à la faire taire ». En effet, en travaillant avec son père, Jawadt a tenté d’obtenir l’écoute de leur revendication. Cela n’a pas été possible, mais les personnages, et Sameh Zoabi, ne désespèrent pas. D’ailleurs, même si les personnages n’ont pas été écoutés dans le film, les spectateurs, eux, les écoutent.

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Cette guerre, Sameh Zoabi s’y intéresse dans Under the same sun et Tel Aviv on fire. Dans ce dernier film, l’écriture de Salam s’améliore à mesure que le film avance. Mais cela ne lui offre pas plus de liberté artistique, puisqu’il est contraint, par tous ceux qui l’entourent, de les contenter avec ses rebondissements. La résolution du film se trouve dans un changement des positions de pouvoir, non pas en faveur d’une domination de Salam, mais d’une égalité entre celui-ci et le soldat. Lors de leur dernière conversation en tête à tête, les personnages partagent un repas – au lieu de ne voir que le soldat manger devant Salam – et Salam propose de réfléchir à une nouvelle solution, qu’ils pourraient travailler ensemble pour la fin du soap-opera. Cette solution contente les deux parties, puisque chacun a écouté les besoins de l’autre. 

Cette écoute va de pair avec l’établissement d’une bonne communication, comme présenté précédemment, et démontre bien les intentions de Sameh Zoabi. En effet, le réalisateur a dit à propos de son dernier film qu’à la fin Salam, décide d’arrêter cette relation qui le désavantage car rien « ne pourra changer tant que les deux peuples ne seront pas égaux ». Il parait impossible de dégager complètement la portée politique de ces films, puisque la narration se mélange à une histoire quotidienne du réalisateur et à ses voeux pour la Palestine. Pour autant, tout film doit pouvoir être également reconnu uniquement comme œuvre filmique. Le schéma narratif utilisé dans ces trois films démontre ainsi un mouvement de personnages perdus, qui n’arrivent pas à s’exprimer, vers un apprentissage du langage qui leur permet une écoute des autres, ce qui les fera évoluer.

Dans Under the same sun, à l’annonce de leur collaboration, les deux personnages reçoivent énormément de critiques, mais décident de rendre leur collaboration encore plus publique et officielle. En rejoignant les réseaux sociaux, Nizar et Shaul s’offrent au monde et aux critiquex, mais ils espèrent également être écoutés. Lorsqu’ils remplissent les informations pour leur compte, ils choisissent un nom anglais – Under the same sun– qu’ils traduisent en hébreux et en arabe. Tous leurs textes sont traduits dans les deux langues, ce qui permet une compréhension des deux peuples sur leur entreprise. Contrairement à ce que les attaques pouvaient laisser penser de leur avenir, leur entreprise fonctionne bien, et incite à un accord possible entre les deux peuples. Il s’agit bien sûr d’un faux documentaire, avec un futur imaginé par le réalisateur, mais il prouve l’espoir qu’il porte en un réel dialogue entre les deux peuples. Bien que le film se termine sur une note douce-amère, puisque la maison du père de Nizar n’existe plus, il ouvre aussi sur un espoir de changement qui découlerait d’une simple conversation. Le film ayant été diffusé sur la chaine la plus regardée en Israël, Channel 2, et la première chaine indépendante de Palestine, Ma’an, on peut en déduire que ce désir de changement est partagé.

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Ainsi Sameh Zoabi utilise son expérience du quotidien pour encourager à la communication et à l’écoute. Il tend à présenter des personnages, symboles d’une nouvelle génération qui lutte pour trouver sa place, et doit créer sa propre voie au travers d’un apprentissage honnête de la parole. En utilisant l’humour, il réussit à délivrer des films justes et divertissants sur un sujet majeur. A la manière de Salam dans Tel Aviv on fire, il utilise ses scénarios pour délivrer ses sentiments sans filtre. Il en ressort un espoir d’échanges et d’écoute qui fonctionne sur ses spectateurs. Avant son dernier film, il abandonnait un scénario, « une tragédie », après le Sundance Screenwriters Lab, car il avait compris que l’utilisation l’humour pour traiter d’un sujet grave était efficace. Cela lui a permis de « définir sa propre voix ». Mais celle-ci semblait déjà exister dès son premier film.

Pour aller plus loin

 

COLLECTIF. (2017). Israël / Palestine, l’illusion de la séparation. éd. Presses de l’Université de Provence

DHÔTEL, Gérard. (2013). Israël-Palestine, une terre pour deux. éd. Actes Sud junior

KASHUA, Sayed. (2015). Les Arabes dansent aussi. éd. L’Olivier

WHITE, Ben. (2015). Être Palestinien en Israël : Ségrégation, discrimination et démocratie. éd. La Guillotine

 

About The Author

Elsa Ribeiro

Étudiante en master cinéma, je suis passionnée de cinéma asiatique avec une préférence pour le cinéma japonais... Et Dirty Dancing !

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