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Forrest Gump

En 1994, le monde découvrait un homme assis sur un banc, une boite de chocolats en main, l’air perdu et le regard figé. Cet homme s’appelait Forrest Gump. Il était connu pour avoir traversé l’Amérique de fond en comble en courant, pour sa bravoure lors de la Guerre du Viêtnam, mais aussi pour ses crevettes Bubba Gump, son amitié sans borne avec le lieutenant Dan et sa relation passionnelle avec une certaine Jenny. Forrest Gump a apporté beaucoup pour chacun de nous et dans le monde entier. Il est simplement impossible de le cantonner à un simple personnage de fiction, tant il nous a accompagné à chaque étape de nos vies. Car oui, le film, sorti en 1994, fut un miracle pour bien des gens.

Promenez-vous donc la rue. N’entendez-vous pas ici et là des « Cours Forrest, cours » ? Lointains échos d’autres petites perles cultes parmi lesquelles : « La vie, c’est comme une boîte de chocolats : on ne sait jamais sur quoi on va tomber », « y a des fois, comme ça, y a pas assez de pierres », « n’est stupide que la stupidité »… Il était comme ça, Forrest, sympathique mais naïf. Un Mr Chance qui nous apprenait à voir la vie avec philosophie, au point que nous avons fini par nous amuser à reprendre les bonnes leçons de sa propre mère.

Le pouls de l’Amérique

C’est que dans les années 90, les gens avaient bien besoin d’un héros. Rappelons-le : les films à succès constituent le meilleur moyen pour prendre le pouls de l’Amérique. Dans les années 30, le cinéma nageait littéralement dans la comédie musicale avec notamment Busby Berkeley ou dans des films sociaux à succès façon Frank Capra. En 1940, Autant en emporte le vent domine les écrans. Et pourtant, de l’autre côté de l’Atlantique, la guerre embrase l’Europe toute entière. Par la suite, les films patriotiques envahissent les salles de cinéma, allant de Casablanca aux films de John Wayne. La paix des nations nécessite alors d’étaler sur le tapis des problèmes qui innervent la société : l’alcoolisme, l’antisémitisme, la corruption voire l’adultère que l’on retrouve dans de nombreuses productions de l’époque. Les années 50 s’annoncent en revanche bien plus radieuses, et particulièrement à Hollywood, malgré l’émergence de la télévision. Des grosses productions comme Chantons sous la pluie (1952), Ben-Hur (1959), West Side Story(1962), Cléopâtre (1963) ou encore La mélodie du bonheur (1965) font les riches heures du CinémaScope et du Technicolor.

© Esquire

A la suite du conflit viêtnamien qui vit le jour en 1955, les années 70 accueillent sur les écrans des fleurons du film de guerre : Patton (1971), Voyage au bout de l’enfer (1978) ou encore Apocalypse Now (1979). Disparition des moguls, émergence du Nouvel Hollywood, réalisateurs mégalomanes, scandale du Watergate… Tout ça n’augure rien de bon pour la décennie suivante. Ces bouleversements désorientent l’Amérique. C’est la panique dans les ménages. Rien d’étonnant donc à découvrir des oeuvres devenues cultes comme Kramer contre Kramer (1980), Des gens ordinaires (1981) et Baby Boom (1987). A la Maison Blanche, Ronald Reagan mène tant bien que mal sa barque en plein milieu de la crise économique de 1982. Les spectateurs paniqués tournent le dos à la réalité pour trouver une once d’espoir procuré par Steven Spielberg et ses émules (Joe Dante, Robert Zemeckis etc). Il faut désormais regarder vers l’avenir,pour retrouver les valeurs d’une Amérique forte. Certains s’en remettent aux outsiders Weinstein (Quentin Tarantino), quand d’autres préfèrent dynamiter le système de l’intérieur (David Fincher)

C’est l’Amérique néo-classique des années 90 avec ses westerns Danse avec les loups (1991) et Impitoyable (1993), à mille lieux des fantaisies indé de Sundance (Quentin Tarantino, Kevin Smith…). L’homme providentiel que tout un chacun attend s’incarne d’abord en Dustin Hoffman (le Héros malgré lui (1992) déjà croisé dans Rain Man en 1989). Le rôle finira par échouer en 1994 à Tom Hanks dans Forrest Gump, nouveau héros de l’Amérique.

Forrest Gump, un héros à la Paramount 

En 1986, Winston Groom publie un romain intitulé Forrest Gump. Le roman relate l’histoire mouvementée des États-Unis entre les années 1950 et les années 1980 à travers le regard d’un « simple d’esprit », Forrest Gump, qui devient involontairement l’acteur central, voire l’instigateur des principaux événements de cette époque en Amérique. Le livre est un succès mitigé mais intéressera pourtant Sherry Lansing, présidente de Paramount Pictures qui voit là un succès. Il faut savoir qu’à cette époque, le studio sort à peine d’une grosse crise économique et financière. Le succès inattendu de Ghost de Jerry Zucker lui permet de sortir un temps de la tête de l’eau, grâce à la présence de Patrick Swayze, nouvelle coqueluche hollywoodienne. La Paramount intègre alors le groupe Viacom. Dans les couloirs du studio, l’ambiance reste très tendue. Chacun s’accroche à son poste. Forrest Gump pourrait donc s’imposer dès lors comme une bénédiction, si seulement les droits n’appartenaient pas déjà à la Warner… 

Après le triomphe de Rain Man en 1988, comment le studio pourrait croire à un second succès du même genre car bien trop providentiel ? Warner cède donc finalement les droits du roman à Sherry Lansing en échange d’une autre histoire (Ultime Décision (1996) qui sera un échec cuisant au box-office). Cette dernière confie le projet à Barry Sonnenfeld et le rôle principal à Tom Hanks, après avoir essayé le refus de Bill Murray (comme l’acteur en a l’habitude). De son côté, le succès phénoménal de La famille Addams (1991) l’encourage à replonger aussitôt dans la production d’une suite. La réalisation revient un temps à Penny Marshall avant de se faire écartée par « manque d’expérience »… Les bureaux de la Paramount, eux, résonnent d’un nom célèbre depuis quelques temps, Robert Zemeckis, l’homme de toutes les situations, le père de Retour vers le Futur (1985) et de Roger Rabbit (1988) Tous semblent d’accord pour laisser les mannettes à ce bon « faiseur ». Sa réputation n’est plus à démontrer. Le cinéaste a toujours su incontestablement mettre en avant ses histoires par-delà une technique cinématographique plus que rodée. Forrest Gump s’impose comme une magnifique aventure à raconter.

© DR

La principale leçon que je pense avoir apprise, c’est que la mise en scène doit être toujours au service du scénario. Et pour moi, un bon metteur en scène est obligatoirement scénariste – qu’il soit crédité ou non. Hitchcock, par exemple n’a jamais été crédité en tant que scénariste sur ses films. Pourtant, il passait des journées, des semaines, parfois des mois, enfermé dans une pièce, à travailler avec ses scénaristes.

Robert Zemeckis

Du roman au scénario

Robert Zemeckis entame l’adaptation de Forrest Gump avec le scénariste Eric Roth. Le scénario se focalisera principalement sur les onze premiers chapitres du roman. En plus d’avoir éludé certains passages du livre, le film ajoutera plusieurs aspects de la vie de Gump, comme ses tiges en fer sur les jambes quand il est enfant, ainsi que sa course à travers les États-Unis. Sa personnalité se voit également « remodelée ». Le film estompe quelque peu le syndrome du savant qui le caractérise pleinement au contraire dans le roman. Forrest Gump se démarque ainsi dans une classe de physique avancée dans l’oeuvre de Winston Groom, puis devient astronaute, lutteur professionnel et joueur d’échecs. Côté budget, le studio accorde au réalisateur 40 millions de dollars pour raconter l’histoire palpitante de son personnage sur pas moins de trois décennies. Robert Zemeckis, habitué aux gros budgets, négociera jusqu’à la dernière minute avant le premier clap. Au terme de négociations houleuses, le film se tourne en moins de quatre mois. Malgré une oeuvre relativement simple sur le papier, de nombreuses scènes posent quelques soucis du côté des effets spéciaux. Le hic ? Robert Zemeckis dispose de très peu de temps entre le tournage et la sortie officielle pour accomplir des prouesses techniques encore jamais réalisées. Incruster Forrest Gump aux côtés de Kennedy, Nixon ou Lennon, effacer les jambes du lieutenant Dan, créer l’illusion d’un vrai match de ping-pong… Ces artifices donnent bien du fil à retordre à l’équipe d’ILM.

© Paramount

Ken Ralston et son équipe d’Industrial Light & Magic s’occupent des effets spéciaux du film, à grand renfort d’images de synthèse. Tom Hanks a ainsi d’abord été filmé devant un écran bleu avec des marques de référence pour le synchroniser correctement avec les archives vidéo. Les mouvements des lèvres des personnalités sur les images d’archives ont même été modifiés numériquement pour se synchroniser avec les nouveaux dialogues. Deux procédés vont ensuite permettre de parachever ces quelques trucages : le morphing et la rotoscopie. Le premier consiste à fabriquer une animation qui transforme de la façon la plus naturelle et la plus fluide possible un tracé initial en un tracé final totalement différent. La rotoscopie, quant à elle, est une technique qui permet de relever image par image les contours d’une figure filmée en prise de vue réelle pour en retranscrire la forme et les actions dans un film d’animation. Ce procédé permet de reproduire avec réalisme la dynamique des mouvements des sujets filmés. Par conséquent, l’acteur a pu être intégré parfaitement à ces images d’archives.

© Paramount

Lorsque le lieutenant Dan se retrouve amputé des jambes, de nombreux spectateurs ont ainsi pensé que Gary Sinise avait été doublé par un véritable infirme. En réalité, l’acteur avait des chaussettes bleues masquant entièrement ses avant-jambes jusqu’aux bandages ou bouts de pantalons simulant la limite des amputations. Les avant-jambes de l’acteur ont été, par la suite, effacées par ordinateur en rajoutant des éléments comme un morceau de drap du lit d’hôpital, un touret disposé sur le sol de l’appartement du personnage ou encore un morceau du bord du crevettier. Idem pour le ping-pong : Tom Hanks est en fait guidé par des sons de balles qui lui permettent de reproduire les gestes adéquats. Les balles ont ensuite été rajoutées numériquement. Reste cependant un point que Robert Zemeckis refuse de négocier avec le studio. La longue course de Forrest Gump pose problème à la production qui souhaite couper cette partie du scénario. Rappelons que les effets spéciaux ont déjà coûté une fortune à la Paramount et que l’argent vient donc à manquer. 

Zemeckis décide alors de partir en vadrouille avec une équipe réduite pour tourner ces moments de grâce indispensables au message du film. Ces quelques péripéties vaudront à Forrest Gump de devenir une référence dans son domaine, après avoir reçu notamment l’Oscar des Meilleurs effets visuels en 1995. 

L’avantage d’avoir fait un certain nombre de films, c’est que l’on arrive, petit à petit, à se constituer une équipe parfaite. Il n’y a rien de plus frustrant que de devoir refaire une prise par l’assistant caméra qui ne parvient pas à maintenir le point sur les acteurs.

Robert Zemeckis

Un voyage en musique

Arrivé au terme de la production, Robert Zemeckis, fidèle à son équipe donc, fait à nouveau appel à son compositeur fétiche, Alan Silvestri. Ce dernier compose une bande-originale des plus séduisantes et des plus naïves. Les deux artistes savent employer la musique à bon escient, au point de laisser le silence s’installer pendant de longues minutes. Aussi, comment oublier le long travelling avant sur Tom Hanks assis chez lui dans un silence total ? Et a contrario, comment oublier le magnifique thème joué lors du générique d’ouverture qui suit la longue chute d’une feuille ? Passés les premiers émerveillements, la bande-originale du film révèle un défi de taille : raconter plus de deux décennies d’histoire américaine en musique. Robert Zemeckis s’enthousiasme donc à l’idée de placer ses influences musicales, parmi lesquels Elvis Presley, le rock sudiste de Creedence Clearwater Revival ou encore la soul syncopée des Doobie Brothers. L’immense succès de la bande-originale du film amènera l’album à la seconde place du billboard américain dans sa meilleure semaine et se vendra à près de 800 000 exemplaires en Australie, 500 000 exemplaires au Canada, 150 000 en France… Pour atteindre finalement les 6 millions aux États-Unis. Alan Silvestri décrochera même l’Oscar de la meilleure bande-originale malgré sa courte durée de 37 minutes qui fera l’objet d’une polémique par la suite.

© Getty Images

Gump & Cie

Peu importe, l’harmonie est parfaite en tout point et le public ne sera pas dupe. Le succès s’annonce au rendez-vous. Le film récoltera plus de 670 000 000 de dollars au box-office, pour un budget total de 55 millions de dollars. Forrest Gump traverse cette fois-ci le monde de festival en festival : Deauville, BAFTA, Golden Globes… Cette véritable pluie de récompenses s’achève en 1995 lorsque le film reçoit pas moins de cinq statuettes aux Oscars en 1995 (meilleurs film, réalisateur, acteur, scénario adapté, montage et effets visuels). De nombreuses lignes de dialogue deviennent très vite culte parmi les spectateurs. Tom Hanks accède ainsi au rang de héros national dix ans après ses débuts dans Splash (1984) de Ron Howard. De son côté, l’auteur du roman, Winston Groom livre une suite à son roman, Gump & Cie, sortie un an après le film.

L’histoire du roman se passe dans les années 1980, dans un monde où Forrest Gump a eu droit à son biopic avec Tom Hanks. Le personnage principal élève seul son fils dans un monde grignoté par le libéralisme, ce qui le pousse sans doute à vouloir lui aussi profiter de son dû. Forrest se lance donc d’abord dans la vente d’encyclopédies avant de rencontrer Reagan et Bush. Il invente ensuite une recette miracle pour Coca Cola, prend part à la chute fortuite du mur de Berlin et même à la capture de Saddam Hussein. Mais le coeur de l’histoire, réside dans la relation entre un père retardé et son fils, véritable génie, qui ne parvient pas à communiquer avec Gump senior. L’histoire intéresse à nouveau la Paramount jusqu’aux attentats du 11 septembre 2001 qui mettent un terme à tout semblant de projet, aussi bien pour Robert Zemeckis et Eric Roth, que pour Tom Hanks qui refuse radicalement de s’impliquer dans une suite aujourd’hui perdue dans les limbes du development hell. Peu importe, Forrest Gump doit rester et restera dans l’histoire grâce à l’initiative du National Film Registry de la Bibliothèque du Congrès américain qui décide de le conserver en 2011 en tant qu’oeuvre culturellement, historiquement et esthétiquement importante.

© DR

Un héritage assumé

Depuis plus de vingt ans, Forrest Gump poursuit sa longue itinérance dans le quotidien de tout un chacun. Les restaurants Bubba Gump Shrimp s’attachent ainsi à rendre hommage au film en proposant à ses clients des fruits de mer à travers le monde. On compte aujourd’hui pas moins d’une quarantaine d’enseignes de la chaîne à l’international, des États-Unis au Mexique, en passant par l’Angleterre, le Japon, la Malaisie et même les Philippines et l’Indonésie. Il faut également compter sur les fan clubs répertoriés à travers la planète, les goodies et autres produits dérivés devenus aujourd’hui des perles rares pour les collectionneurs. Forrest Gump et ses répliques deviennent également des gimmicks par-delà un héritage assumé dans nombre de films, publicités, productions audiovisuelles, séries TV… C’est ainsi qu’on peut déceler des références au personnage dans pas moins d’une semi-dizaine d’épisodes des Simpsons : la plume volant au gré du vent, la boîte de chocolats, la conversation sur un banc, l’épisode du bus…

© Florence Santrot

Le cas Rob Pope

En 2018, Rob Pope (ci-dessus), un britannique de 39 ans, fan de Forrest Gump, a battu un record particulier à l’occasion du marathon de Londres. Le coureur a battu un record, déguisé comme Forrest Gump, en bouclant sa course en 2 heures et 36 minutes. Il faut savoir que Rob Pope n’était alors pas à son premier coup d’essai. Dès son enfance, sa mère l’invite à faire quelque chose d’extraordinaire de sa vie. Le déclic vient en regardant Forrest Gump un soir à la télévision. Rob traversera les États-Unis en courant pour recréer au plus près le parcours du personnage éponyme. Au terme d’une centaine de revisionnages du film, il se prend en photo sur le banc devenu célèbre pour marquer son départ. Nous sommes alors le 15 septembre 2016. La course débute à partir de Mobile, en Alabama. Chaussé de la célèbre Nike Cortez, Rob passe par Bayou le Batre, ville originaire de Bubba, puis continue jusqu’à la Californie, le Maine, l’Oregon, la Caroline du Sud, Monument Valley et ainsi de suite. Il lui faudra 409 jours pour parcourir 59 km par jour, là où Forrest Gump met 3 ans, 2 mois, 14 jours et 16 heures en quelques 7 minutes de film. Contrairement à son héros qui ne court ni pour la paix dans le monde, ni pour les sans-abri, ni pour l’environnement, Rob s’engage pour la WWF et Peace Direct. Son périple s’achève finalement au bout de 24 000 km par le marathon de Boston plié en 2h58 avec une bière à la main. Mais l’aventure américaine ne s’arrête pas là quand on sait qu’il envisage de reprendre sa course à Monument Valley pour rejoindre Santa Monica où réside un certain Tom Hanks…

Cette journée était incroyable. J’ai entendu énormément de « Run, Forrest, Run », et quelques personnes m’ont appelé Jésus… Mais la plupart m’ont appelé Forrest !

Rob Pope

Le film préféré de tous les temps

Forrest Gump reste depuis des années le film préféré de tous les temps selon les lecteurs du site Allociné, dépassant de loin les franchises Marvel et Disney. L’odyssée initiatique de ce naïf au grand cœur suscite un grand enthousiasme malgré quelques détracteurs acharnés, parmi lesquels Les Cahiers du Cinéma qui souligneront à l’époque que « le souci du défi technique, de la performance supplante chez Zemeckis toute mise en scène. » (n°484 – octobre 1994). Ces derniers, des années après, réviseront ce jugement bien trop sévère. Car le film ne renferme rien d’autre qu’une véritable ode à la vie. Il est en effet difficile de trouver film plus emblématique que Forrest Gump. A la fois fable émouvante et chronique d’un homme au cœur de l’histoire, l’œuvre de Robert Zemeckis s’avère tendre, sensible et drôle. Les adjectifs finissent par manquer tant le spectateur adhère à un parcours pourtant hors du commun.

© DR

Forrest Gump narre donc l’histoire, touchante au possible, d’un petit garçon au cerveau quelque peu lent et aux jambes prisonnières d’orthèses, vivant seul avec sa mère dans l’Alabama. Voué à une vie peu facile, le personnage va pourtant explorer tous les recoins du monde, du fin fond de son Alabama natale jusqu’à l’enfer du Viêtnam. Devenant tour-à-tour héros de guerre, champion de ping-pong et crevettier millionnaire, Forrest ira même jusqu’à rencontrer trois présidents des États-Unis, mettant à jour le fameux Watergate tout en inspirant bon nombre d’artistes tels John Lennon, Elvis Presley ou encore les créateurs du smiley et des autocollants « Shit happens ». Notre héros va ainsi vivre un parcours initiatique gigantesque tout au long de sa vie, explorant différents horizons et s’émerveillant de toute chose malgré son retard mental évident. Forrest Gump devient ainsi un héros national. La conception d’un certain rêve américain selon Zemeckis demeure la preuve incontestable que les espoirs d’un grand destin restent ouverts à chacun de nous.

Je me dis souvent que ça serait formidable, une fois le film monté, de pouvoir être hypnotisé pour tout oublier et le découvrir avec un œil neuf. Mais bon, c’est là, le paradoxe d’un film : on le fait avant tout pour soi, mais ce sont les autres qui l’apprécieront le plus 

Robert Zemeckis

A propos de l'auteur

Christopher Poulain

Photographe et réalisateur, diplômé de l'École Supérieure d'Études Cinématographiques (ESEC - Paris 12e). Passionné d'art, de musique 70's et de voyage.

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